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A) Politique étrangère & défense

Fiodor Loukianov Fiodor Loukianov
1 Novembre 2019

Pourquoi les BRICS ne disparaîtront pas

Au sommet du G20, qui s’est tenu à Osaka à la fin du mois de juin 2019 et dont les pourparlers entre Donald Trump et Xi Jinping ont été l’événement majeur, une autre rencontre, celle des dirigeants des pays appartenant aux BRICS, est passée presque inaperçue. On aurait pu y voir une réunion de routine, n’eût été certaine circonstance : pour la première fois, le Brésil était représenté par Jair Bolsonaro, que l’on tient non seulement pour clairement pro-américain, mais aussi pour un admirateur et un imitateur du président des États-Unis. Ce n’est pas un hasard si, lors de la première visite à Washington du leader brésilien nouvellement élu, Donald Trump déclarait qu’il ne serait pas mauvais de faire entrer le Brésil, allié si sûr et si compréhensif, dans l’OTAN…

La victoire convaincante de Bolsonaro à l’élection de l’automne 2018 a conduit certains à penser que les BRICS risquaient de perdre leur « première lettre ». Outre son inclination ouverte pour les États-Unis, l’excentrique ancien militaire se singularisait durant sa campagne par des propos très durs à l’adresse de la Chine, bien dans l’esprit de son modèle américain : Pékin asservissait économiquement le Brésil et l’ensemble de l’Amérique latine, ce qui n’était pas à l’avantage du sous-continent, et ainsi de suite. Dans la mesure où le prochain sommet des BRICS doit se dérouler précisément au Brésil, d’aucuns s’empressèrent d’imaginer qu’il n’aurait tout bonnement pas lieu. Néanmoins, les nouvelles autorités brésiliennes ont confirmé que les préparatifs étaient en cours.

Le XXe siècle est définitivement renvoyé dans le passé

Il est indiscutable que les BRICS sont apparus à une époque bien différente, de sorte que les questions concernant leur viabilité ont quelque légitimité à surgir. Il n’y a pourtant pas de raison de renoncer à ce format, même si apparaissent aujourd’hui des leaders très différents. Cela s’explique aisément : dans le monde actuel, l’idée que tous les acteurs doivent faire un choix définitif, irrévocable, qu’ils doivent s’affilier, être canalisés, est parfaitement éloignée de la réalité. C’est un résidu du XXe siècle, surtout en ces temps où l’on parle de nouvelle « guerre froide ». Cependant, si l’on considère les événements en cours comme une forme de « guerre froide »... [À SUIVRE]
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