Ru Ru

C) Économie

Konstantin Simonov Konstantin Simonov
1 Novembre 2019

Le secteur pétrogazier en 2018

L’année 2018 a été plutôt bonne, en Russie, pour le secteur pétrogazier. Cela tient avant tout aux prix relativement élevés du baril de pétrole, suivis d’une augmentation du prix du gaz russe pour les consommateurs européens. De fait, l’accord OPEP+ n’a pas entraîné de baisse de la production de brut d’une année sur l’autre. Le pays a donc battu un nouveau record dans ce domaine et dans celui des condensats, depuis le début de la période post-soviétique. Si la présence du pétrole en provenance de Russie s’est restreinte sur le marché européen, ce phénomène a été largement compensé par une augmentation des livraisons vers l’Asie. 

L’industrie pétrolière a engrangé de confortables revenus, dont elle avait un peu perdu l’habitude depuis 2015. Il y a toutefois un revers à cette médaille : cela ne pouvait passer inaperçu aux yeux du gouvernement qui, traditionnellement, voit dans le secteur pétrolier le grand argentier du budget fédéral, d’autant moins que Vladimir Poutine faisait état, après sa réélection, d’une série de nouveaux projets nationaux nécessitant de l’argent. Pour finir, le gouvernement décidait de précipiter sa « manœuvre fiscale », autrement dit d’augmenter la fiscalité à compter du 1er janvier 2019. Par ailleurs, le même gouvernement instaurait, de fait, une régulation par l’État des prix de l’essence et du diesel. 

Dans l’industrie du gaz, des records quotidiens, mensuels, annuels, ont également été établis à l’export vers l’étranger lointain. L’automne 2018 a vu l’achèvement de la construction de la partie sous-marine du Turkish Stream et le début de la réalisation du projet Nord Stream 2 ; le projet Force de la Sibérie a, lui aussi, considérablement avancé. 

En dépit des discussions animées concernant l’arrivée prochaine du gaz naturel liquéfié (GNL) américain sur le marché européen, Gazprom a surtout été préoccupée par le groupe privé russe Novatek. Le GNL de sa nouvelle usine Yamal LNG s’est principalement retrouvé sur le marché européen, et non dans la région Asie-Pacifique. Il n’en a toutefois pas découlé une révision de la stratégie d’élargissement de la production de GNL. Au contraire, Novatek bénéficie de plus en plus du soutien de l’État, sous les formes les plus variées. La question de l’accroissement de la production du GNL arctique devient l’une des priorités de la politique économique étatique. L’exécutif russe mise sur de grands projets industriels qui, à l’en croire, devraient accélérer la croissance économique. Au total, trop de choses sont liées, dans la politique économique menée par l’État, aux questions de l’Arctique, plus particulièrement à la production de GNL et à son transport par la Route maritime du Nord... [À SUIVRE]

Cet article est tiré de notre dernier Rapport annuel. Pour l'instant, cet article est disponible uniquement dans l'édition imprimée de notre rapport annuel. Il sera publié in extenso après la sortie du prochain volume.

Pour plus d'information sur notre rapport annuel, ou pour passer commande d'un exemplaire, rendez-vous ici.