Ru Ru

D) Régions

Rostislav Tourovski Rostislav Tourovski
1 Novembre 2019

Les leçons des élections régionales de 2018

En septembre 2018, la Russie a connu une journée très chargée, au cours de laquelle elle a dû élire les responsables de vingt-deux « sujets » de la Fédération, seize assemblées législatives régionales, les maires (au suffrage direct) de quatre centres administratifs et, dans douze villes, les organes représentatifs du pouvoir. Ajoutons que dans sept circonscriptions uninominales, étaient fixées des élections partielles de députés de la Douma d’État. Pour couronner le tout, des élections municipales avaient lieu dans des villes, districts et petites localités de nombreuses régions. Ces régionales de septembre avaient, en outre, pour particularité de faire suite à l’élection présidentielle du mois de mars, marquée par un soutien record à Vladimir Poutine, avant que le pouvoir n’engage une série de réformes impopulaires. Le contexte socio-politique du scrutin de septembre apparaissait donc des plus contradictoires. 

Un simple coup d’œil en arrière confirme que les régionales de 2018 ont coïncidé avec une vague de protestations qui a porté un rude coup aux gouverneurs sortants et au parti du pouvoir, Russie unie. La meilleure illustration en a été la tenue d’un second tour dans quatre régions, alors qu’après 2012 et le retour à l’élection des gouverneurs au suffrage direct, il n’y avait eu qu’un cas de ce genre, en 2015, dans la région d’Irkoutsk (avec pour conséquence la défaite du gouverneur sortant). Dans une série de régions et de villes, Russie unie a dû céder la première place, pour les élections par listes, au parti communiste (KPRF) ou au parti libéral-démocrate (LDPR) de Vladimir Jirinovski. Autre caractéristique : la participation, en hausse dans un certain nombre de régions par rapport aux précédents scrutins, a, là encore, été le signe d’une protestation des électeurs qui, en l’occurrence, ont apporté leurs voix à l’opposition. Les résultats de 2018 ont mis en évidence une montée du mécontentement dans les provinces éloignées, à la périphérie, et non plus dans les capitales comme auparavant. Les relations entre les autorités et l’opposition conservent cependant des allures de jeu de positions, différents scénarios pouvant être mis en œuvre selon les régions : concessions mutuelles dans certains cas, victoire inattendue de l’opposition dans d’autres. On a même vu des candidats, adversaires plus ou moins fictifs du pouvoir en place, remporter la victoire sur la vague protestataire. 

Vote de défiance et de protestation 

L’élection des gouverneurs a montré que leur fonction avait généralement perdu de son crédit... [À SUIVRE]




Cet article est tiré de notre dernier Rapport annuel. Pour l'instant, cet article est disponible uniquement dans l'édition imprimée de notre rapport annuel. Il sera publié in extenso après la sortie du prochain volume.

Pour plus d'information sur notre rapport annuel, ou pour passer commande d'un exemplaire, rendez-vous ici.