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D) Régions

Irina Bolgova
1 Novembre 2019

La politique russe dans la Caspienne : une nouvelle donne

L’année 2018 a vu le règlement d’une des questions les plus controversées et les plus anciennes des relations internationales dans l’espace postsoviétique : celle du statut juridique de la mer Caspienne. À compter de l’effondrement de l’Union soviétique, cinq États riverains – Russie, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Turkménistan et Iran – tentent de s’accorder sur de nouveaux fondements juridiques de coopération économique et politique dans la région. Leurs divergences reposent sur la spécificité géographique de ce bassin non relié à un océan et auquel, par conséquent, ne peut s’appliquer le droit maritime international, mais dont la superficie, les ressources et le lien avec divers processus politiques régionaux ne permettent pas de le considérer comme un lac. 

Au début des années 1990, la politique étrangère de la Russie concernant la Caspienne et les États qui la bordent part idéalement du souhait de conserver un condominium – la jouissance commune du plateau continental et des ressources en eau, sans que soient délimités des secteurs nationaux. Cette pratique avait déjà été entérinée par les accords soviéto-iraniens de 1921 et 1940, et conservée jusqu’à l’apparition de nouveaux États indépendants sur les bords de la Caspienne. Mais la volonté d’exploiter de nouveaux gisements de ressources énergétiques, attisée par la politique des consommateurs d’hydrocarbures au niveau mondial, favorisait, de facto, la création de secteurs nationaux pour les plus gros producteurs et une augmentation des risques de conflits entre eux. La dégradation des relations entre l’Azerbaïdjan et le Turkménistan (2001, 2009, 2012), entre l’Iran et l’Azerbaïdjan (2001), ainsi que la menace de recourir à la force armée, en sont de parfaits exemples.  

Une politique russe souple et pragmatique 

La politique étrangère russe s’adapte assez rapidement aux nouvelles réalités géoéconomiques de la Caspienne et propose une solution juridique permettant de « réconcilier » les parties en présence... [À SUIVRE]


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