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A) Politique étrangère & défense

Iouri Paniev
1 Novembre 2019

Amérique latine : le « virage à droite » n’a pas d’incidence sur les partenariats avec Moscou

Les sanctions occidentales contre la Russie ont incité Moscou à chercher d’urgence de nouveaux partenaires et de nouveaux marchés. Une solution à ce problème géopolitique a, semble-t-il, été trouvée en Amérique latine, partie du monde traditionnellement amicale envers la Russie. Rappelons qu’au sein de l’ONU, des pays tels que le Venezuela et le Nicaragua votent toujours les résolutions proposées par Moscou et s’insurgent contre toute décision susceptible de lui nuire. 

Les relations politiques entre la Russie et les pays d’Amérique latine se développent peu à peu. Leur base légale a été renforcée, et le mois de mai 2019 a vu un allègement du régime de visas, facilitant l’accès des ressortissants russes à vingt-cinq des trente-trois pays de la région. C’est là un signe de confiance mutuelle, qui traduit une volonté de poser des fondements solides pour l’avenir. 

Moscou tient les pays d’Amérique latine pour des alliés naturels et des partenaires économiques et commerciaux prometteurs. Cela se comprend aisément. La région dispose d’un important potentiel économique, ainsi que d’innombrables ressources naturelles et humaines. Elle occupe 15 % des terres émergées du globe, possède plus de 30 % des réserves mondiales d’eau douce, ressource stratégique du futur. Elle a également 18 % des réserves prouvées de pétrole. Sa part dans la production mondiale de cuivre est de 47 %, de 41 % pour l’argent, de 27 % pour la bauxite, de 25 % pour le plomb, de 22 % pour le zinc. L’ensemble des pays de la région produisent 9 % des céréales de la planète, 52 % du soja, plus de 30 % de la viande de bœuf et 24 % des volailles.   Le changement dans la continuité 

Cependant, la politique latino-américaine est sujette à d’évidentes fluctuations. Après le « à gauche, toute ! » caractéristique du début du XXIe siècle pour de nombreux pays du sous-continent et leur développement (prix élevés du pétrole et d’autres matières premières favorisant les réformes sociales, qui, à leur tour, garantissaient le soutien électoral de la population), on assiste à une consolidation des forces de droite. Au Brésil, au Guatemala, au Honduras, au Paraguay, les présidents sont destitués ; en Argentine, au Brésil, en République dominicaine, au Panama, au Pérou et dans une série d’autres pays, la droite arrive au pouvoir, ce qui permet aux experts de parler du fameux « virage »... [À SUIVRE]

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